Migrations

La Déclaration universelle des droits de l’homme consacre pleinement le droit de toute personne à émigrer de tout pays (article 13, alinéa 2). Aujourd’hui, près de 3,4 % des habitants de la planète, soit 258 millions de personnes, sont des migrants internationaux1. Toutefois, ce terme de « migrant » recouvre une diversité de situations dont témoignent les productions artistiques, associatives, institutionnelles, scientifiques et les modes de restitution de ces réalités migratoires.
Selon les Nations unies, un migrant international est une « personne s’installant dans un pays autre que son pays de résidence habituelle pour une période d’au moins douze mois ».
Les mouvements de populations à travers le monde et les nombreuses situations qui en découlent s’inscrivent dans une variété d’espaces et de temporalités. Néanmoins, c’est au moment de « crises migratoires », comme celles des années 1990 et 2015, notamment en Europe, ou plus récemment celle aux portes des États-Unis, que la thématique des migrations est largement médiatisée et discutée dans les arènes du débat public. Les évolutions relatives à l’accueil des personnes exilées (carence de structures d’hébergement, campements informels dans les interstices des villes, etc.), de plus en plus subordonnées aux politiques de maîtrise des flux migratoires témoignent de cette visibilité donnée aux migrations.
Pourtant, les déplacements de populations ont une épaisseur historique, de la Préhistoire à nos jours, que tend à gommer l’approche évènementielle, eurocentrée et problématique des migrations, proposée par certains responsables politiques et médias. Avoir une telle lecture des migrations, c’est omettre que les migrants sont aussi des acteurs du développement, que de nombreuses personnes de pays dits développés partent s’installer dans d’autres régions dont le niveau de développement est similaire, voire plus faible, et que si les populations se déplacent essentiellement entre les États situés au sein d’une même région, d’autres dynamiques migratoires existent et méritent d’être découvertes. C’est le cas notamment des migrants des Caraïbes, région invitée à l’occasion de la 30ème édition du festival international de géographie (FIG). Selon les Nations unies, plus de 80 % des migrants internationaux venant des Caraïbes résident en dehors de l’espace caribéen comme à Brixton, quartier de la communauté jamaïcaine, africaine et caribéenne de Londres, ou Montréal où vivent de nombreux Haïtiens, etc.
Les 4, 5 et 6 octobre 2019, à l’occasion de son 30ème anniversaire, le festival international de géographie a pour objectif d’explorer, dans des perspectives tant géographiques que pluridisciplinaires, les contributions des sciences humaines et sociales, des mondes artistiques et d’autres acteurs, à la question migratoire. Durant ces trois journées, des conférences, des débats, des ateliers, des films, des expositions et des spectacles montreront la richesse et la diversité des expériences et des réalités migratoires.

Parmi les thématiques abordées, voici les axes proposés :

1- Les routes migratoires d’hier et d’aujourd’hui

2- Expériences et lieux de la migration

3- Migrations et mobilisations (migrants, sociétés civiles, associations, institutions locales, nationales et internationales, etc.) ;

4- Arts et migrations

5- Enseigner l’immigration

6- Les Caraïbes


Olivier CLOCHARD, Directeur Scientifique de la 30ème édition du Festival International de Géographie