Samuel Challeat

Samuel CHALLEAT

 

Né en 1982, Samuel Challéat est docteur en géographie, chercheur invité au sein du laboratoire Géode (Géographie de l’environnement, unité mixte de recherche CNRS-Université de Toulouse 2) et coordinateur du Collectif Renoir (Ressources environnementales nocturnes et territoires). Ses travaux actuels portent sur les différentes actions menées par les territoires pour préserver l’obscurité, valoriser l’environnement nocturne et lutter contre la pollution lumineuse. Pendant le confinement occasionné par le Covid-19, il lance avec trois autres chercheurs le projet collaboratif Silent cities qui vise à documenter les paysages sonores atypiques de nombreuses villes du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

CHALLEAT Samuel

Sauver la nuit

 

Que voyons-nous lorsque, le soir venu, nous levons les yeux vers le ciel ?

Pour la plupart d’entre nous, habitants des villes et alentour, pas grand-chose. Les occasions de s’émerveiller devant une voûte céleste parsemée d’étoiles sont de plus en plus rares.

Aujourd’hui, la Voie lactée n’est plus visible pour plus d’un tiers de l’humanité. Plus de quatre-vingts pour cent de la population mondiale vit sous un ciel entaché de pollution lumineuse, une pollution qui, à l’échelle mondiale, ne cesse de s’accroître. Chaque soir, en France, ce sont onze millions de lampadaires qui s’allument ; chaque jour, plus de trois millions et demi d’enseignes lumineuses, sans compter les millions de lumières bleues de nos divers écrans rétroéclairés.

Or, au-delà de l’appauvrissement de notre relation au ciel – une relation qui nourrit, depuis toujours, nos représentations du monde –, on connaît désormais les effets négatifs de la lumière artificielle sur l’environnement et la santé. Érosion de la biodiversité, dérèglement de notre rythme biologique, perturbation de nos rythmes de sommeil, etc. Éteindre les lumières est un geste non seulement esthétique, mais aussi écologique et sanitaire.

« Nous laissera-t-on un ciel à observer ? » s’inquiétaient déjà les astronomes amateurs dans les années 1970. Samuel Challéat retrace l’histoire de la revendication d’un « droit à l’obscurité » concomitant au développement urbain et décrit la manière dont s’organise, aujourd’hui, un front pionnier bien décidé à sauver la nuit.