Prix du Livre de Géographie des Lycéens et Étudiants (CPGE et Licence) 2022


Créé en 2020, le Prix du Livre de Géographie des Lycéens et Étudiants récompense un ouvrage de Géographie à destination des lycéens et étudiants (Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles et Licence). Ce sont eux, élèves et étudiants, encadrés par un enseignant, qui votent chaque année pour leur livre préféré parmi les ouvrages sélectionnés. Le Prix, doté de 300 euros, est remis chaque automne lors du Festival International de Géographie.



Les 5 ouvrages sélectionnés

Plouc Pride
Plouc pride 

de Valérie Jousseaume
aux édition de l’Aube

La campagne est vivante, comme lieu de vie et comme imaginaire. La pandémie de 2020 a encore accéléré ces tendances : vivre à la campagne serait "la" solution face aux crises sanitaires, écologiques, économiques ou sociales de nos vies citadines contemporaines. Pour aller au-delà d'un certain fantasme, Valérie Jousseaume réalise un état des lieux et remet la campagne en perspective. Elle interroge le rôle et les atouts des territoires dans la transition sociétale. Et, surtout, elle redonne aux ruraux une place d'acteurs dans ce changement de civilisation en cours. Le livre déconstruit les cadres de pensée et les vocabulaires, pour sortir la "France périphérique" du cul-de-sac intellectuel où elle se trouve L'ouvrage valorise la participation contemporaine de la ruralité à l'invention du nouveau monde par la convergence des mémoires, et propose un renouvellement de l'aménagement du territoire susceptible d'exprimer dans le concret des existences la transition culturelle en cours. Au coeur d'un monde où toute certitude a disparu, cet ouvrage s'appuie sur l'expérience rurale pour imaginer un futur désirable.
 
geopolitique
Géopolitique des pôles 

de Frédéric Lasserre, Anne Choquet et Camille Escudé-Joffres
aux éditions Le cavalier bleu

Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l’accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu’aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise. Ainsi, serions-nous à l’aube d’une nouvelle Guerre froide, voire d’un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios-catastrophes sont grandement exagérés. Plutôt que l’affirmation de la souveraineté individuelle des États, on assiste en effet à la mise en place d’une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d’instances de dialogue. Car l’enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles semble bien dérisoire…
 
fleuve
Congo 

de Roland Pourtier
aux éditions CNRS

Fleuve le plus puissant au monde après l’Amazonie, le Congo draine un immense bassin partagé entre neuf États. Il a donné son nom à deux d’entre eux. Au cœur d’une histoire tumultueuse qui mit en contact les sociétés d’Afrique équatoriale et l’Europe, soumis à une exploitation coloniale brutale, il n’a cessé d’être convoité pour ses richesses naturelles. « Potentiellement » riches, les pays riverains du grand fleuve comptent en réalité parmi les plus pauvres du monde. Ce paradoxe de la puissance contrariée, tant par la nature qui a coupé le fleuve de son ouverture atlantique que par le cours d’une histoire souvent chaotique, constitue le fil conducteur d’un voyage fascinant aux pays du Congo. L’auteur les a parcourus durant trois décennies. Il en montre les mutations comme les freins au développement, et interroge les promesses de l’or blanc, de l’or vert, de l’or bleu. Il livre en six tableaux le fruit d’une réflexion sans tabou, murie au carrefour de la géohistoire, de l’anthropologie économique, de la politique, de la culture et des arts. Cet essai de géographie globale propose des clés essentielles pour comprendre la complexité du bassin du Congo dans son rapport au monde.
 
quand la geo
Quand la Géo explique le monde 

de Thibaut Sardier
aux éditions Autrement

Non, la géo ne sert pas qu’à énumérer les capitales du monde ou les départements français ! Elle permet aussi de mettre en lumière des faits sociaux, écologiques, culturels… essentiels pour comprendre les bouleversements du monde d’aujourd’hui. Hyperlieu, pyrocène, gentrification, gaytrification, spatialité… ce livre vous donnera des clés originales pour mesurer des phénomènes qui vous avaient peut-être échappé jusque-là. Curieux du monde et insatiable collecteur de données, Thibaut Sardier a déniché une trentaine de ces réalités peu connues qu’il met en valeur à l’aide de croquis originaux. Alors, suivez le guide et découvrez que vous êtes, peut-être déjà, un peu géographe !

 

damnees
Les damnées de la mer 

de Camille Schmoll
aux éditions La Découverte

Longtemps, les femmes ont été absentes du grand récit des migrations. On les voyait plutôt, telles des Pénélope africaines, attendre leur époux, patientes et sédentaires. Il n’était pas question de celles qui émigraient seules. Elles sont pourtant nombreuses à quitter leur foyer et leurs proches, et à entreprendre la longue traversée du désert et de la Méditerranée. Fondé sur une recherche au long cours, menée aux marges de l’Europe, en Italie et à Malte, ce livre est une enquête sur la trace des survivantes. Au fil des récits recueillis, il restitue leurs parcours, de déchirements en errance, de rencontres en opportunités. Entre persécutions, désir d’autonomie et envie d’ailleurs, les causes de leur départ sont loin d’être simples et linéaires. Les Damnées de la mer offre ainsi une remarquable plongée dans leur vie quotidienne, dans des centres d’accueil où leur trajectoire est suspendue, dans l’attente d’une reconnaissance de cette Europe qui souvent les rejette. L’ennui et la marginalisation sont omniprésents. Mais ces femmes sont également résistantes et stratèges, à la recherche de lignes de fuite. En restituant les multiples facettes de ces destinées, ce livre décline l’histoire des migrations en Méditerranée au féminin. Il refuse les clichés binaires qui opposent la migrante-victime à la migrante-héroïne pour adopter le point de vue de l’expérience des femmes : non sans tensions, l’autonomie qu’elles mettent à l’épreuve apparaît à la fois comme le support et l’horizon de leur projet migratoire.

 

 


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