HOQUET Thierry ok

Auteur

 

Thierry Hoquet est professeur de philosophie à l’université Jean- Moulin Lyon 3. Il est spécialiste de l’histoire et de la philosophie de la biologie. Il est l’auteur de différents ouvrages dont, Darwin contre Darwin (Seuil, 2009), Cyborg philosophie (Seuil, 2011) et Sexus nullus, ou l’égalité (IXe, 2015). Il a dirigé un ouvrage collectif, Le Sexe biologique. Anthologie historique et critique, en 3 volumes (Hermann, 2013).


 

Les presque humains

Les Presque-Humains
Mutants, cyborgs, robots, zombies... et nous

Ce livre propose une réflexion urgente sur ce qui, malgré tous les fantasmes d’outrepasser notre condition, peut nous rattacher à l’idée d’humanité.

Ni transhumain, ni posthumain, ni inhumain, le « presque-humain » désigne un nouveau domaine : celui qui se dessine en deçà de l’humain, là où notre condition devient une question plutôt qu’une évidence. Que nous disent-ils de ce que nous sommes devenus ces êtres (zombies, mutants, robots, cyborgs, goules, etc.) qui ne parviennent pas à être nos semblables, mais qui désirent nous ressembler au point parfois de devenir des caricatures de nous- mêmes ? Qu’ils soient amis ou ennemis, ces êtres fictifs hantent nos fantasmes et remettent en cause notre autonomie. Ils nous rappellent qu’être humain, c’est toujours être susceptible de faillir. C’est aussi un idéal auquel beaucoup aspirent. Entre menace de chute et rêve de plénitude, les presque-humains interrogent de manière originale ce que signifie être un homme ou une femme.

Ce livre s’appuie sur de multiples personnages de fiction qui se situent sur la frange inférieure de l’humain. Il ne propose pas de nier notre condition (surhomme), n’appelle pas au dépassement de nos limites (transhumain), ni ne se projette dans un avenir libéré de nous (posthumain). L’auteur remonte en deçà de ces figures devenues aujourd’hui populaires pour interroger le désir d’être humain lorsqu’il est contrecarré par la nature ou par la technique. Il s’agit d’une réflexion, devenue urgente, sur ce qui précède notre condition, nous porte à la désirer ou à la haïr. Les presque-humains donnent une idée de ce qui, malgré tous les fantasmes d’outrepasser notre condition, peut encore nous rattacher à l’idée d’humanité – que celle-ci constitue ici une promesse ou un échec, une déchéance ou une émergence à venir. Ils sont aussi devenus nos contemporains à l’heure où notre environnement technique ne cesse d’être habité par des artefacts robotiques qui nous ressemblent, mais dont nous espérons pouvoir continuer à nous distinguer.